« Il y a une fleur… je crois qu’elle m’a apprivoisé…” 
― Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince

Les fleurs sont ainsi : simples, évidentes, belles. Et C’est ce que je pensais alors que je rencontrais celle-ci dans les serres d’Auteuil dimanche dernier. Le seul problème …  son nom sans doute ! Etant incapable de le (re)trouver et de peur de dire une bêtise, j’appelle donc un autre écrivain à la rescousse :

« […] Personne ne connaît le nom des fleurs qu’il y a dans le jardin le plus simple  »

― Boris Vian (voir aussi mon aquarelle ici)

Voilà un sujet qui m’obsède pas mal en ce moment, notamment dans mon travail photographique (voir ci-dessous).

C’est un peu comme dans “Mon Oncle” de Jacques Tati, où le cinéaste opposait – de manière assez caricaturale d’ailleurs – le Paris moderne et déshumanisé, propre et sans culture – au Paris crasseux (qui n’a pas complètement disparu d’ailleurs) – mais idiosyncratique, sympathique et bien de chez nous.

Sauf que là, le moderne et l’ancien se mêlent. On peut le déplorer – comme je le lis souvent dans les feuilles de chou du 14ème – ou simplement regarder les réflexions des bâtiments les uns dans les autres, une façon d’accepter le moderne et l’ancien, sans les opposer, en voyant ce qu’il y a de mieux dans les deux.

réflexion d’immeubles à Port Royal

la cathédrale de Reims se reflétant dans la médiathèque ultra moderne
j’aime particulièrement les chauve-souris qui sont cachées sur la façade et qu’on voit à deux endroits. Arriverez-vous à les trouver ?

Voici la deuxième étape de la 2ème version des toits de Blois, dont nous avons déjà montré l’esquisse sur ce blog. Ici, les fonds de ciels et les premiers aplats de couleur. A la différence des techniques classiques d’aquarelle, je ne décide pas systématiquement de commencer par les couleurs claires en allant du clair vers le foncé. Je trouve en effet que certains effets plus dramatiques peuvent émerger en utilisant la méthode entièrement inverse. Ici, et comme souvent, je mélange les 2 techniques, ce qui donne un mélange d’aquarelle classique et de techniques plus proches de la bande dessinée.

Ainsi le mélange des 2 permet-il d’apporter un élément poétique au dessin, renforcé par la présence de « personnages » improbables (ici le chat en bas à gauche et le personnage dans sa cuisine à droite) inventés et ajoutés au dessin. Le chat perché sur le bord du balcon, en contre jour qui est plongé dans l’ombre soulignée par la sepia, sera encore plus caricaturalement représenté à l’encre de chine pour souligner cet aspect de contre-jour.

Voici les secrets de fabrication, mais ne vous y trompez pas, ceci n’a aucune importance. La poésie n’est ni dans la technique ni dans le choix du sujet, car le même résultat peut être obtenu sur un dessin plus abstrait (j’en ai réalisé quelques uns où j’ai mélangé figuratif concret et abstrait) voire complètement abstrait.

 La poésie n’a pas d’explication …

 Note: en prime la dernière image montre les essais de lettrages à l’encre de Chine en calligraphie originale. Le dernier essai entouré d’un cercle au crayon est celui qui sera utilisé pour le titre.

À suivre …

Un des dessins les plus récents, un lotissement imaginaire, comme sorti de la terre s’avance dans la campagne. Il s’agit en quelque sorte d’une reprise – sous un angle différent – d’un autre dessin de cette année (avant la pluie) où le ciel était le principal sujet.

Le lotissement

Ici, c’est la terre, imposante mais aussi fragile qui prend le premier plan, comme menacée par ce béton qui avance. Il s’agit bien entendu d’une scène entièrement imaginée qui ne présente aucun point commun avec la réalité, surtout autour de nos grandes villes.

Il faut que tu respires …

le 6ème marché de l'art de Montigny le Bretonneux Après Aquarella 2007 qui a eu lieu le 9 Septembre dernier à Rueil-Malmaison, le week end complet des 06 et 07 octobre, se tiendra le marché de l’art 2007 organisé par le Lions club de Montigny les 3 villages dans la superbe grange de la ferme du Manet sise à Montigny le Bretonneux dans les Yvelines.

J’y tiendrai un stand (à l’abri cette fois-ci, le stand est à l’intérieur de la grange) où je montrerai un grand nombre de mes aquarelles. Les travaux envoyés aux organisateurs pour la sélection étaient les suivants: sous les arcades, berges de Seine, les fleurs les plus simples, parc de Noailles, Auvers-sur-Oise.

Adresse de la ferme du Manet: 61, avenue du Manet 78180 Montigny le Bretonneux. Les renseignements s’obtiennent auprès de M. Patrice Legay au n° 06 1631 0291 (le soir). Le plan d’accès est disponible ici.

Enfin, citons que l’exposition est organisée au profit des malades d’Alzheimer. Venez nombreux.

La grange de la ferme du manet - Montigny le Bretoneux

Cliquez ici pour télécharger l’affiche en grand format

Klima, alias Angèle David Guillou est une jeune auteure inteprète française vivant et travaillant à Londres. Je viens de découvrir son album éponyme (loués soient les disquaires locaux quand ils ont survécu) et je suis immédiatement tombé amoureux de cette musique atmosphérique, aux subtils arrangements.

J’ai choisi dans l’album ma chanson préférée fluorescent stars dans laquelle Angèle rêve dansson lit en fixant les étoiles fluorescentes du papier peint de sa chambre londonienne alors que ses amis sont en train de prendre un pot dans le pub voisin. Et cela de me remémorer une nuit semblable à Brewster Gardens, près de Shepherd’s Bush, il y a bien longtemps. J’ai donc peint un petit format à l’aquarelle, décrivant Angèle et son papier peint multicolore. J’ai aussi reproduit le poème ci-dessous et ajouté un podcast qui vous permettra de vous faire une idée (voir sa page myspace pour d’autre extraits). N’oubliez pas d’acheter ce joli disque en cliquant sur le lien amazon link ou mieux encore en vous rendant chez votre disquaire le plus proche.

La page myspace d’Angèle est visible à l’adresse : http://www.myspace.com/contactklima et voici la critique dithyrambique et méritée qu’elle a eue dans le Sunday Times :

 » Breaking Act’ in the Sunday Times KLIMA

Qui est-elle ?

Une musicienne française basée à Londres, Angèle David-Guillou. Son premier album éponyme vibre d’atmosphères obsédantes, de textures étranges, de paroles sur la solitude parmi la multitude – moitié pop de chambre, moitié électronique sépulcrale, il est parsemé de belles voix, alternant entre intimité et distanciation. Pour les fans de Cocteau Twins, Björk, the Knife, Sol Seppy, Hanne Hukkelberg et Cathy Davey, des morceaux tels que Fluorescent Stars, Her Love Is Happy et Neverending sont comme la bande-son d’un journal intime dont l’auteur erre dans une ville étouffante, observant les autres et, surtout, elle-même avant de rentrer chez elle pour tout écrire et mettre en musique. L’album d’été parfait pour les personnes qui aiment la musique quand elle est un peu folle.

Dan Cairns

Extrait du Sunday Times

29 avril 29 2007

Klima - Angele David Guillou - CoverIt’s Saturday night and I don’t want to go out

I’m staying in bed, watching the stars on my wall

my friends are in a bar

drinking beers and telling jokes

I’m here on my own,

counting the stars

so many of them

my eyes are closing.

1, 2, 3, 4 hundred

the noise from the street

is coming to my ears

but they have decided to be deaf tonight

concentrate on the stars

so many of them,

my eyes are closing

so many of them,

1, 2, 3, 4 hundred.

La verrière de Mme Cointre dans le village d’Augirein dans l’AriègeVoici en cette fin d’été pluvieux (joli euphémisme), quelques peintures récentes réalisées en quelques jardins de l’Ariège. Tout d’abord à gauche, la verrière de la véranda de la maison de nos amis Catherine & Jean-Michel, dans le village d’Augirein (à la limite des hautes Pyrénées, en bas du col de Portet d’Aspet).

Il s’agit d’une très jolie maison, dans le village d’en bas, où nous avons trouvé refuge pendant les travaux de notre maison du hameau de Terrefête, alias l’atelier.

détail de la verrière de Madame Cointre à Augirein

Cette verrière en verre coloré, du début du siècle, permet un jeu de lumières intéressant, avec les plantes non placée immédiatement et rien n’y fit. Voir sur la droite le détail qui montre le caoutchouc, en trois états différents, derrière une vitre bleue, jaune-vert, et transparente.

Le jardin de Léran en AriègeAutre dessin, autre jardin, en un autre lieu. Il s’agit ici du jardin de la maison de nos amis Françoise et Nicolas de Léran, près de Mirepoix, toujours dans l’Ariège mais cette fois-ci à l’extrême Nord-Est du département, tout près de l’Aude. Encore une très belle maison, et un superbe jardin, avec un décor très différent du précédent. Point de verrière ici, mais un paysage touffu, une sorte de jungle semi-urbaine, dans un ensemble très poétique et empreint de sérénité.

Salon des arts de Paris 14èmeLe salon des arts du 14ème arrondissement de Paris est organisé tous les ans par la Mairie du 14ème. Il aura lieu cette année du 13 au 23 septembre (de 10h00 à 17h00 et 19h00 le jeudi) à la mairie annexe du 14ème arrondissement, 12 rue Durouchoux, M° mouton Duvernet ou Denfert-Rochereau. L’entrée est libre.

Le vernissage de l’exposition est ouvert le mardi 18 septembre 2007 à partir de 18h30 et un cocktail vous sera offert.

Un grand nombre d’artistes vous présenteront leurs oeuvres et vous pourrez notamment y retrouver mon aquarelle Saint-Jacques au réveil, composée expressément pour cette exposition et déjà montrée dans ce blog.

Septembre et Octobre 2007 seront des mois bien actifs en terms d’expositions. Le dimanche 09 septembre aura lieu Aquarella 2007 à Rueil Malmaison où j’aurai un stand, le salon des arts du 13 au 23 septembre, et enfin le week end complet des 06 et 07 octobre, se tiendra le marché de l’art 2007 organisé par le Lions club de Montigny les 3 villages dans la superbe grange de la ferme du Manet sise à Montigny le Bretonneux dans les Yvelines. Venez nombreux ! La grange de la ferme du manet - Montigny le Bretoneux

Et en permanence, n’oublions pas que quelques unes de mes aquarelles sont toujours visibles chez mon ami le fleuriste Charles Bloch de l’arche aux fleurs, 24 rue de la tombe Issoire, 75014 Paris (tél: 01 45 81 01 41)

la villa Hallé depuis la nouvelle maison du 8bis rue HalléEt voici la nouvelle aquarelle du quatorzième, annoncée dans le précédent post. Je livre ici – sur la gauche – en brut de fonderie le premier crayonné.

Le sujet en est la villa Hallé, prise depuis la fenêtre de la nouvelle maison d’architectes du 38 bis rue Hallé que l’on peut encore visiter.

C’est un petit format (17cm x 12cm pour le dessin uniquement, sur une page de taille standard 18cm x 26cm sur papier Arche grain torchon 100% coton sans acide) destiné à rentrer dans un cadre cartonné existant.

le travail sur l’aquarelle de la villa Hallé petit format 2

(photo de gauche: le travail de précision se fait au pinceau en poil synthétique, moins fort en réserve d’eau que les véritables pinceaux à aquarelle,mais indispensable pour les petites surfaces)

La phase 1 de l’aquarellage de la villa Hallé

Voici à droite la première version de l’aquarellage de cette pièce. certains éléments y sont restés en blanc afin d’évaluer ultérieurement les meilleures couleurs à y associer. les éléments très sombres les ombres chinoises (notamment l’arbre sur la droite) qui seront peints à la sépia seront coloriés dans la phase deux. à ce stade, je n’ai pas encore décidé de réhausser ou non certains éléments de l’aquarelle à l’encre de Chine.

le travail sur l’aquarelle de la villa Hallé petit format 1(photo de droite, travail sur les finitions dans une des dernières phases du travail. en dehors du pinceau synthétique pour les détails, j’utilise exclusivement les pinceaux à aquarelle Raphaël et en particulier, pour les grandes et très grandes surfaces, les superbes pinceaux aqualine qui ne font pas mal aux doigts car le bas du pinceau est recouvert de caoutchouc très confortable)

La phase 2 de l’aquarellage de la villa Hallé - petit formatvoici à gauche la deuxième phase de l’aquarellage de la villa Hallé, où les blancs ont été remplis, à quelques exceptions près. on n’a pas encore à ce stade rentré les ombres. j’ai ajouté aussi à ce stade les touffes d’herbe sur le pavé de la villa. l’arbre a été colorié, et j’ai foncé les toits quelques fois en plusieurs couches de peinture. dans ma technique, jamais de mélanges de couleurs sur la palette (c’est un parti pris qui me permet de préserver la pureté des couleurs d’origine. j’utilise peu de teintes différentes, en aquarelles en tube exclusivement, de préférence Lefranc & Bourgeois, quand on arrive encore à les trouver ce qui est rare, sinon Winsor & Newton ou Dailer Rowney et exceptionnellement Van Gogh).Et pour finir ci-dessus, la troisième et dernière phase de cette aquarelle. dans cette phase, les touches finales sont ajoutées, les couleurs assombries dans les arbres de gauche (afin d’atténuer une tache top claire au milieu) en superposant les couleurs en plusieurs couches. comme je refuse les mélanges sur la palette, toutes les associations se font directement sur la feuille, soit dans l’humide, soit après séchage. en principe, les associations de couleurs se font du clair vers le foncé, ce qui est la méthode classique, mais il m’arrive souvent de faire l’inverse. il m’arrive également d’estomper après séchage. il n’est pas vrai que l’aquarelle n’est pas retouchable. on entend souvent cet argument, mais c’est en effet plus difficile de retoucher la peinture à l’eau que la peinture à huile. il n’est pas vrai non plus de dire que la peinture à l’eau est plus facile. et d’ailleurs cela ne veut rien dire tant il existe de techniques. il m’arrivait souvent – surtout au début de ma pratique – de réhausser les aquarelles à l’encre de Chine, mais je le fais moins ces temps ci. il n’est pas impossible que j’y revienne cependant.

pour consulter mes archives avec les aquarelles plus anciennes, cliquer ici

Maurice Denis - procession under the trees in St Germain en Laye (smalll)Maurice Denis (1870-1943), peintre célèbre de Saint Germain-en-Laye a été consacré en 2007 dans une exposition canadienne. Du 22 février au 20 mai 2007, le Montreal Museum of Fine Arts a présenté ce qui fut la première rétrospective du peintre jamais réalisée en Amérique du Nord.

Membre de la famille des Nabis, il peignit la ‘procession sous les arbres à St Germain en Laye’ in 1892 (voir à gauche).

Bien que familier de la peinture de Denis (je fus Saint Germanois pendant de nombreuses années et j’habitais non loin de son ancienne demeure, le Prieuré) et notamment de ses peintures murales dans sa chapelle, j’ai découvert cette peinture en lisant un livre dédié à la vie de Maurice Denis cette année.

J’ai trouvé ce tableau particulièrement intéressant car je me suis également – à plusieurs reprises – inspiré de telles ombres dans le parc de Saint Germain, avant de connaître ce tableau de Maurice Denis. Il est vrai qu’étant donné la distance entre les arbres, les ombres sont particulièrement remarquables. Ma propre version de la « procession » sous les arbres cependant était résolument plus contemporaine et – signe des temps ? – beaucoup moins religieuse également. Mais j’ai le sentiment qu’elle dégage la même sérénité que celle que je perçois dans la peinture de Denis.