Il y a eu un avant, un pendant et un après le confinement. Ce dernier nous a tous marqués, changeant profondément notre rapport à l’espace et à la liberté. Cinq ans après qu’en reste-t-il ? Ces images capturées au fil des premiers jours de déconfinement racontent l’étrange sensation de redécouvrir un monde familier devenu soudain différent. De la Villa Seurat dans le 14e arrondissement aux coquelicots dorés de l’Étang-la-Ville, en passant par les promeneurs de Créteil, chaque scène témoigne de ce moment suspendu où nous avons réappris à vivre à l’air libre. À travers ces instantanés parisiens et franciliens se dessine une réflexion sur la notion même de liberté – celle que nous avons perdue, celle que nous avons retrouvée, et celle qui ne sera plus jamais tout à fait la même. Car si le déconfinement nous a rendu notre liberté de mouvement, il nous a aussi légué une nouvelle façon de voir le monde qui nous entoure.
La vie après le déconfinement

Ce jour-là, la liberté fut nôtre… en quelque sorte. Nous en avons fini avec l’enfermement. Nous n’avions plus besoin de porter nos papiers ni de justifier nos sorties. Plus besoin d’expliquer pourquoi nous allons chez l’épicier ou nous promener. Nous fûmes enfin capables de respirer l’air extérieur, il n’est pas normal d’être enfermé. Ici des photos du numéro 8 de la Villa Seurat, dans le 14e arrondissement, à deux pas de chez nous. Il était tellement bon de pouvoir à nouveau se promener.

Cette maison est l’une des 8 maisons d’architecture moderniste construites par André Lurçat dans les années 1920. À ce moment-là, je n’ai pu m’empêcher de penser aux autres et à ce qu’ils avaient fait pendant ces mois d’enfermement. J’ai pensé qu’ils devaient se sentir libérés, comme nous-mêmes. Cette première sortie fut une libération, même si tout ne rentra pas dans l’ordre instantanément.

En ce mois de mai 2020, les plantes fleurissaient et rayonnaient au soleil. Leurs ombres juste en dessous d’elles, en surimpression sur la façade colorée et lumineuse. La lumière semblait nouvelle à cet instant. Après l’enfermement, nous nous sommes mis à voir le monde différemment.
Il était si agréable d’être dehors, d’explorer librement à nouveau les rues alentour. Je me demandai alors si la vie serait la même, si je me sentirais à nouveau comme avant. Le monde réel n’est rien sans l’idée que nous nous en faisons.

L’Étang-la-Ville (ci-dessus). Qui penserait que cette photo a été prise à proximité d’une ville tentaculaire ? Ceux qui se demandent ce que sont ces magnifiques fleurs seront ravis d’apprendre qu’il s’agit de coquelicots de Californie. Les coquelicots symbolisent le souvenir, la paix et l’espoir d’un avenir positif. Je pense que c’est une bonne chose que je sois tombé sur ces coquelicots.
Le COVID-19 et le confinement resteront toujours marqués dans nos mémoires, car nous avons vécu un événement historique majeur. Mais à travers cela, il y avait l’espoir d’un avenir positif et pacifique. Avec du recul, je me demande si ce qui a suivi était aussi positif que cela.
Nous espérons que rien de tel ne se reproduira, mais c’est inévitable, c’est la vie. Voir ces fleurs m’a donné à l’époque, il y a déjà presque 5 ans, un sentiment d’espoir pour l’avenir, et je trouve cette photo magnifique, avec ses coquelicots dorés étincelants, non pour la beauté de la photo, mais pour ce qu’elle représente.

Créteil – juin 2020. Je suis certain que ces chiens aussi étaient ravis de sortir de chez eux et de se promener sans limite de temps. Je me demande s’ils ont pu revoir leurs amis canins une fois le confinement terminé.
Je suppose que la plupart des animaux s’étaient habitués à rester à l’intérieur pendant le confinement et à se retenir le plus possible. Ils étaient certainement ravis d’avoir leurs maîtres à leurs côtés en permanence. Mais après cela, ils ont retrouvé la laisse, instrument de servitude pour certains, de liberté pour d’autres.
C’est une bonne chose que le confinement soit un vieux souvenir. Nous ne pourrons jamais expliquer à ces animaux ce qui s’est passé, même si leur instinct a bien dû leur signaler qu’un événement exceptionnel se déroulait à ce moment-là. Je me demande comment ils ont ressenti cette liberté retrouvée.
Je ne peux pas parler pour eux, nul doute qu’ils ont aussi leurs vues sur un monde qu’ils ne voient qu’au ras du sol.
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