La fille du train aurait aimé cette série de photos prises des jardins à Saint-Cloud cet hiver. Il y a une colline à l’ouest de la ville où l’on peut observer subrepticement les radis qui poussent ou les jardiniers soupirant de contentement sous le pâle soleil d’hiver. En l’occurrence, ils n’étaient pas là ce jour-là, car il était encore un peu trop tôt. J’ai enfourché mon Brompton à l’aube d’une journée très ensoleillée et glaciale de février. J’ai traversé le Bois de Boulogne et atteint mon endroit préféré à Saint-Cloud. Et non, Saint-Cloud n’a rien à voir avec un data center. Même si c’est la blague préférée d’un de mes camarades du club photo OI-Paris qui se reconnaîtra. Certaines de ces photos seront visibles au centre Victoire Ternayre de Paris 13e à partir du 29 avril. Cette exposition est organisée en partenariat avec Objectif Image Paris).
Les Jardins à Saint-Cloud

Mes mains ont rapidement gelé ce matin-là en prenant des photos des jardins familiaux et collectifs de Saint-Cloud, mais le magnifique soleil matinal valait la peine de risquer quelques engelures.
Le nom de Saint-Cloud dérive de Clodoald, petit-fils de Clovis Ier, le premier roi mérovingien des Francs à unifier toutes les tribus franques. Pour ceux qui se poseraient la question, les Francs n’étaient pas « français », mais les représentants d’une tribu germanique. Clodoald, après avoir renoncé à sa prétention royale, devint ermite puis moine dans la région qui porte aujourd’hui son nom. Avec le temps, Clodoald est devenu Cloud en français, d’où Saint-Cloud.
Située à l’ouest de Paris, la ville de Saint-Cloud compte environ 30 000 habitants. Saint-Cloud fut une résidence royale notable, notamment à l’époque de Napoléon, qui séjournait souvent au château de Saint-Cloud, malheureusement détruit lors de la guerre franco-prussienne. La ville possède le vaste Parc de Saint-Cloud, un domaine national de plus de 460 hectares, offrant des vues imprenables sur Paris et de magnifiques jardins paysagers conçus par André Le Nôtre. J’y fais souvent du vélo et les vues sur Paris y sont d’une beauté époustouflante.

Les gens du train entre la tour Eiffel et La Défense
Sous la colline et sa pente de 20 %, le tram T2 file à travers la verdure entre Seine et crête. Son bourdonnement électrique, semblable à celui du réfrigérateur de Philip Glass, tranche le silence toutes les 3 minutes. Dans ces rames rapides, les banlieusards harassés (j’en ai longtemps été) peuvent apercevoir la tour Eiffel…

… ou les immeubles de bureaux de La Défense, selon qu’ils se dirigent vers le sud ou le nord.

Au-dessus de leurs têtes, une oasis de jardins partagés s’accroche aux voies au milieu de la jungle urbaine.
Ferrovipathie, sous les auspices de la Fédération Nationale des Jardins Familiaux
Ces jardins, gérés par la « Fédération Nationale des Jardins Familiaux et Collectifs« , sont protégés, mais pas figés dans le temps. Ils changent de mains, évoluent, voient naître de nouvelles ambitions.
On ne pousse pas la porte de ces jardins pour bêcher simplement son jardin. Les parcelles sont attribuées par la mairie, souvent après une longue attente.
À Saint-Cloud, les gens du train ne sont pas de simples pions dans une machine qui fend l’air, ce sont aussi des poètes qui rêvebt à ces instants de quiétude, aperçus depuis les fenêtres d’un tram.

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