J’ai capturé cette scène d’Orphée au Musée des Beaux-Arts de Rouen et j’ai tout de suite aimé le contraste entre cette belle statue classique en marbre blanc (Orphée charmant la Sirène d’Emmanuel Hannaux 1855-1934; voir comment Orphée s’est débarrassé des Sirènes ici) et le fond moderne rayé de bleu et de noir.

À propos d’Orphée
Orphée (Ὀρφεύς) est un héros de la mythologie grecque, fils du roi de Thrace Œagre et de la muse Calliope. Poète et musicien, il était parfois considéré comme un prophète.
Dès son enfance, Orphée montra de grandes dispositions pour la poésie et la musique. Apollon lui fit don d’une lyre à sept cordes créée par Hermès, et les Muses elles-mêmes lui apprirent à en jouer. En leur honneur, il décida d’y ajouter deux cordes supplémentaires. Sa musique était si puissante que les bêtes fauves le suivaient, les arbres s’inclinaient vers lui et les hommes les plus farouches s’adoucissaient à son écoute.
Le mythe
Le mythe le plus célèbre lié à Orphée reste sa descente aux Enfers. Sa femme Eurydice, une Nymphe, mourut après avoir marché sur un serpent en fuyant Aristée. Orphée, inconsolable, descendit aux Enfers pour la ramener. Par les accents de sa lyre, il charma les monstres et les dieux infernaux. Hadès consentit à laisser partir Eurydice à condition qu’Orphée ne se retourne pas avant d’avoir quitté son royaume. Alors qu’il s’apprêtait à sortir des Enfers, n’entendant plus les pas de sa bien-aimée, il se retourna imprudemment, la perdant à jamais.
De cette légende de nombreux musiciens ont tiré des chefs d’œuvre. Christoph Willibald von Glück pour commencer, avec son Orfeo ed Euridice en italien et sa version non moins célèbre, revue par Berlioz (1859). C’est là qu’on trouve cet air fameux, Che faro senza Euridice dont vous pouvez écouter un extrait ci-dessous.
Le texte
| Texte italien | Texte français |
|---|---|
| ORFEO Che farò senza Euridice Dove andrò senza il mio ben? Euridice! Euridice! Oh Dio! Rispondi! Io son pure il tuo fedel! Euridice! Euridice! Ah! non m’avanza Più soccorso, più speranza, Né dal mondo, né dal ciel! Che farò senza Euridice? Dove andrò senza il mio ben | ORPHÉE J’ai perdu mon Eurydice, Rien n’égale mon malheur. Sort cruel, quelle rigueur ! Rien n’égale mon malheur, Je succombe à ma douleur. Eurydice… Eurydice… Réponds ! Quel supplice ! Réponds-moi ! C’est ton époux fidèle; Entends ma voix qui t’appelle… J’ai perdu mon Eurydice, etc. Eurydice… Eurydice… Mortel silence, vaine espérance, Quelle souffrance ! Quels tourments déchirent mon cœur ! J’ai perdu mon Eurydice, etc. |
| Source |
Orphée charmant la Sirène d’Emmanuel Hannaux (1855–1934)
Il s’agit d’une sculpture en marbre blanc typique de l’académisme français de la fin du XIXe siècle. Le sujet illustre un épisode de l’expédition des Argonautes : Orphée, en jouant de sa lyre, parvient à surpasser le chant envoûtant des Sirènes et à sauver ses compagnons. La tension narrative est magnifiquement rendue dans le marbre, avec ce bras levé tenant la lyre et la Sirène qui s’accroche à lui comme pour le retenir ou l’entraîner.
Pour en savoir plus : Wikipédia (Orphée) ; alex-bernardini.fr ; mythologica.fr ; histoire-amour.com ; superprof.fr.
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