La cathédrale d’Amiens a une signification particulière pour moi. Je suis breton, mais la famille de ma mère vient de Picardie. Tout en haut, dans le Nord. Le chef-lieu de cette région, c’est Amiens (qui se prononce avec ce son nasal si typiquement français que nos amis étrangers n’arrivent jamais à reproduire, tant pis pour eux). La cathédrale gothique d’Amiens est l’une des plus belles au monde. Elle a été achevée au treizième siècle. Mais ce n’est pas ce qu’il y a de plus étonnant dans cette église. D’accord, c’est l’une des plus hautes, mais ce n’est toujours pas ce qui la rend unique.
La résilience de la cathédrale d’Amiens à travers l’histoire

Ce qui rend la cathédrale d’Amiens si particulière, c’est qu’à la fin de 1918, il y a environ un siècle, il ne restait presque plus rien debout sur des centaines et des centaines de mètres autour de ce joyau médiéval. Vous pouvez en juger sur la photo ci-dessous (cliché aimablement fourni par un blogueur français).


Quand la guerre a repris de 1940 à 1944, de nouvelles destructions ont eu lieu. Mais la cathédrale est toujours debout. Et Dieu qu’elle est belle. Bien plus belle que Notre-Dame de Paris. Certes, je suis clairement partial, mais elle est quand même objectivement bien plus haute et plus grande que Notre-Dame.
Rien que le fait qu’elle soit encore debout après tout ça relève de l’exploit. On doit une fière chandelle à ces artilleurs qui savaient viser juste, qui qu’ils soient.
Lors de notre visite à l’été 2012, nous avons assisté au spectacle son et lumière. J’en avais entendu parler mais je ne l’avais jamais vu. Grâce à des jeux de lumières et des projecteurs, les organisateurs parviennent à restituer toutes les couleurs qui existaient à l’origine sur la cathédrale.
Il est difficile d’en rendre compte en photo, alors il faudra acheter un billet et vous déplacer pour constater cela par vous-même.

La cerise sur le gâteau
La cathédrale est déjà un régal, tant sur le plan architectural que photographique. Savoir qu’elle aurait pu ne jamais nous parvenir rend la chose encore plus remarquable. Et les couleurs en prime, c’était vraiment la cerise sur le gâteau.


Toutes les cathédrales de France n’ont pas eu cette chance. Celle de Reims a été gravement endommagée lors de la première guerre mondiale et a dû être en partie reconstruite, notamment à grand renfort de béton. Ce qui m’amène à ma conclusion, où je rejoins Steinbeck.
« Toute guerre est le symptôme de l’échec de l’homme en tant qu’animal doué d’intelligence. »
John Steinbeck (Il était une fois une guerre, avant-propos)
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