« Il n’y a pas de nom sur cette croix rouillée ». Tel est le titre, un peu long mais ô combien poétique, d’une chanson de Jacques Higelin. Higelin nous a hélas quittés en 2018, le temps passe trop vite.
Sur cette croix rouillée…

En envisageant la publication des photos du cimetière des quatre nations, une chanson d’Higelin m’est revenue à l’esprit.
Je ne suis pas vraiment fan de chanson française, mais Higelin, c’est autre chose. Un artiste à part, un poète un peu fou, un barde qui a bercé mon adolescence. Je l’ai découvert au lycée, au temps où on se passait les cassettes que je dupliquais avec mon lecteur-enregistreur.
« Alertez les bébés… !» chantais-je à tue-tête sans trop comprendre de quel danger il fallait les prévenir.
L’un des rares artistes d’ici à avoir trouvé sa place dans ma discothèque, aux côtés des groupes de rock progressif que j’aimais tant, quand j’étais gamin (aujourd’hui, c’est devenu quelque peu inaudible).

Ces tombes sans nom et ces croix rouillées m’ont rappelé cette chanson, écrite dans les années 90.
Voici les paroles originales, et je mets la chanson en bas de page pour ceux qui voudraient l’écouter.
Il n’y a pas de nom…
Il n’y a pas de nom sur cette croix rouillée
Plantée dans le fourreau du ventre de la terre,
Au fond d’un cimetière abandonné
Qui est né, qui est mort, qui dort sous cette croix ?
Quel sort l’a condamné sans regret ni remords
Au secret de l’anonymat ?
Depuis combien d’années personne n’est venu
Rendre un dernier salut, fleurir d’une pensée
Celui ou celle qui n’est plus ?
Dans le désert de la solitude d’où jamais personne ne revient
Réclamer à l’ingratitude la maigre part du respect qu’on lui doit
Rien qu’une prière pour le repos de son âme.
La vie, l’amour, la mort sont filles du néant
Que le vent de l’histoire balaie d’un courant d’air
Dans les couloirs de l’infini.
Dans le désert de la solitude d’où jamais nul ne revient
Témoigner de l’ingratitude qui l’a abandonné au seuil du tombeau
Sans une prière pour le repos de son âme.


Repose en paix, Jacques.
- Église Saint-Dominique, quand Istanbul s’invite à Paris - 10 juillet 2026
- Découvrir le monde en un voyage immobile - 10 juillet 2026
- Piscine Molitor,baignade hivernale en un lieu mythique - 6 juillet 2026
