Himackerel sky betjemanLe sujet du jour est inspiré d’un poème. J‘ai peint une aquarelle sur le poème « Devonshire Street, W1 » de Betjeman. Voici le poème.

DEVONSHIRE STREET, W1

The heavy mahogany door with its wrought-iron screen
Shuts. And the sound is rich, sympathetic, discreet.
The sun still shines on this eighteenth-century scene
With Edwardian faience adornment — Devonshire Street.

No hope. And the X-ray photographs under his arm
Confirm the message. His wife stands timidly by.
The opposite brick-built house looks lofty and calm
Its chimneys steady against the mackerel sky.

No hope. And the iron knob of this palisade
So cold to the touch, is luckier now than he
« Oh merciless, hurrying Londoners! Why was I made
For the long and painful deathbed coming to me? »

She puts her fingers in his, as, loving and silly
At long-past Kensington dances she used to do
« It’s cheaper to take the tube to Piccadilly
And then we can catch a nineteen or twenty-two »

— John Betjeman

Il s’agit d’une petite rue perpendiculaire à Marylebone, au Nord d’Oxford Street, au cœur de Londres. John Betjeman, célèbre poète du XXe siècle et même de l’après-guerre, connu pour son sens de l’humour, m’a particulièrement touché avec ce poème plein de fatalisme, qui raconte l’histoire d’un homme dont la fin est annoncée, inévitable.

Une radiographie sous le bras, accusatrice, impitoyable, il tient sa femme par la main et regarde la maison d’en face, hautaine, immobile, montrant ses cheminées de briques se détachant sur un ciel qui ressemble à la peau d’un… maquereau ! L’incongruité de la métaphore, m’a encouragé à faire ce dessin pour ce poème, qui traite presque légèrement d’un sujet aussi grave, aussi banal, un sujet qui malheureusement revient si souvent à l’ordre du jour.

Betjeman a souvent été pris pour un « poète mineur », un auteur qui serait « apprécié par la Reine Mère« , mais c’est sans tenir compte de cette image que, presque par hasard, je suis tombé sur elle en parcourant l’anthologie de la poésie britannique d’après-guerre d’Edward Lucie Smith.

J’ai choisi ce poème qui m’a touché par sa simplicité et pourtant la richesse de son thème, tout en restant léger (finalement, la vie continue quand même, avec la question presque triviale du choix du bus ou du métro). L’analyse du poème par Minstrels est très précise, ne la ratez pas.

D’un point de vue pictural, quelques nouveautés avec de nouvelles couleurs maison, un vermillon français destiné – par lavages opaques et successifs – à faire ressortir encore plus le rouge des maisons en briques, et une terre verte que j’ai également bricolée (la couleur en bas de page) qui s’est avérée assez étrange tant dans sa texture que dans son rendu, mais qui a produit un effet moiré bizarre et presque irréel que j’ai aimé et que j’ai décidé de garder.

logo anti musée
Voici un nouveau logo pour l’anti musée

L’anti-musée avait besoin d’un nouveau logo, en voici la raison.

Alors que je réfléchis à mon nouveau projet, j’ai commencé à remodeler ce blog. Ce n’est que la première étape, mais j’installerai bientôt un nouveau modèle pour antimuseum.com. Il cessera d’être un blog et sera promu en site web. Le blog sera toujours visible sur le site web et je continuerai à le mettre à jour régulièrement. (suite…)

Au-revoir 2020

2020 a été une sacrée aventure.

Disons que nous sommes en décembre 2019 et que vous vous tenez devant moi et me dites qu’un comique a acheté du poisson ou un pangolin sur un marché de Wuhan, en Chine (dont j’ignorais totalement l’existence à l’époque), puis que le monde entier partira en vacances un pays à la fois, que les gens tomberont comme des mouches en Italie et que le reste de l’Europe et du monde sera infecté comme dans un mauvais remake d’un film de Soderbergh, mais que l’Afrique, contre toute attente, sera épargnée, etc. etc.

Je pense que je vous aurais dit d’aller vous faire pendre et que je serais retourné à mes affaires.

Au lieu de cela, nous sommes retournés à nos affaires, mais il y avait très peu d’affaires à trouver et nous avons passé toute une année à nous battre et à nous débattre avec les événements.

Un an plus tard, nous voilà. Certains d’entre nous attendent des piqûres, d’autres paniquent, la plupart d’entre nous se frayent un chemin à travers la fin de cette année terrible, mais nous voilà, c’est presque fini et nous espérons pouvoir tourner la page.

Pour conclure 2020


Lorsque nous sommes entrés dans la cathédrale de Versailles au début de ce mois, nous avons découvert que l’orgue avait été emballé dans le style de Christo. Christo est l’un des nombreux artistes qui sont morts en 2020, c’est un peu ironique. Je suis sûr qu’il aurait approuvé ce que les ouvriers ont fait là-bas. Maintenant, il est temps d’emballer 2020 aussi et d’attendre que l’Arc de Triomphe (le dernier projet inachevé de Christo) soit emballé en 2021.

Et maintenant, 2020, il est temps de se dire au revoir et de se séparer.

Je vous souhaite un joyeux Noël et une bonne année 2021. Soyez prudents et prenez soin de vous et des vôtres et à bientôt !

Au-revoir Christo, au-revoir 2020